.¿. What's ?..

.[/c=#111111]¿. What's ?..
« Au fond de l'âme de chaque être éperdu d'amour couve une haine pour l'objet aimé, désormais détenteur de l'unique clé de son bonheur. »

Peter Høeg


Ami du jour, Bonjour, ami du soir, Bonsoir.


Autant What-An-Exhausting-Lamb est dégénéré, parodique que Coeurs Entrelacés est tragique. Les deux reprennent Twilight, ainsi que notre couple favori. Entre une groupie complètement folle et une hybride rejetée à qui l'amour est interdit, on aura tout vu.
Aujourd'hui, je vous présente Running Away, ma troisième fanfiction portant sur le même thème.
Bonne lecture.


Mes références (mes drogues, si tu préfères) : la tétralogie Twilight =).

Disclamer : Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer. J'ai peut-être remanié leurs caractères, et spécialement ceux de nos héros, mais ils appartiennent à l'auteur.

Note : All Human. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de vampires ici. Amateur de sang-froid, tu ne trouveras pas ton bonheur here. Les Cullen sont autant humains que toi et moi ;D. Que l'on n'ait pas à me reprocher la couleur des yeux d'Edward !


Synopsis : Tombée amoureuse d'un homme lunatique, Bella est désespérée. Ses sentiments vont d'un pôle à l'autre. Tantôt elle l'aime, tantôt elle le damne aux enfers. Isabella n'aurait jamais dû avoir la malchance de rencontrer un garçon tel que lui, encore moins l'aimer. Mais qui aurait pu prévoir son destin ?

Il n'y a qu'un pas de la haine à l'amour.


Bella franchira-t-elle ce pas ?






Je ne préviens que les personnes qui m'ajoutent en favoris, soit mes " fans ". Okay ? ;-)



# Posté le mardi 07 avril 2009 17:10

Modifié le samedi 18 juillet 2009 15:50

.Un..

.[/c=#111111]Un..
Chapitre Un

_____Je jaugeai la salle d'un regard atterré, notant les clients affalés sur le comptoir et les sièges en faux cuir sinistres, sans m'arrêter sur la bonne femme qui piaffait devant moi.

_____« Caalme, Bella, ça fait juste deux heures que tu travailles... Ne commence à fixer l'horloge qu'à 8h30, sinon Eric le prendra mal... » susurra une petite voix intérieure.

_____- Mademoiselle ? m'apostropha-t-on. Ma commande !

_____J'avais horreur des cafés. Et des muffins. Et des crétins guillerets qui carburaient aux cafés et aux muffins. Mon éc½urement égalait en intensité la haine que je vouais au Coach Clapp, mon prof de gym, qui ne jurait que par le cheval d'arçons.

_____Comble de la poisse, les clients qui fréquentaient le café Les Vacances Pluvieuses, en français s'il vous plaît, adoraient le café et les muffins, et tous rivalisaient d'entrain.

_____Les Vacances Pluvieuses. Bonne chance pour trouver un nom plus ridicule. Il était difficile de faire pire. Je jetai un regard morne aux vitres de l'établissement, crasseuses et détrempées, et grognai. « À croire qu'on a érigé ce nom spécialement pour toi... »

_____Mais avec la menace de Charlie, je me résolus à puiser, au tréfonds de mon pauvre c½ur une miette de reconnaissance envers Eric Yorkie, le bon vieux boutonneux du club d'échec, qui m'avait dégoté ce petit boulot.La promesse de mon père, autrement dit son idée de me faire bosser douze heures par jour au poste de police, m'emplissait des plus grandes craintes possibles. Voilà que je sombrais dans le mélodrame.

_____- Aïeeeeeuh ! gémis-je en m'écartant brusquement de la machine à expressos.

_____Je me précipitai vers l'évier et laissai l'eau fraîche dégouliner sur mon bras endolori. Depuis mon arrivée à six heures tapantes, je m'étais déjà brûlé trois fois le coude. Une miette de reconnaissance ? Une goutte de venin, plutôt !

_____La femme ne glapit qu'un bref « merci » lorsque je lui tendis - de mon bras valide - sa commande. L'homme qui suivait me lança un regard givré, insensible à ma douleur.

_____J'allais tuer Yorkie...

_____« Ça t'apprendra, à élaborer des métaphores culinaires, au lieu de bosser ! » grogna la petite voix dans ma tête.

_____- Bella ? Ça va ? Accident de métier ? Ça arrive tout le temps. Ne t'inquiète pas, tu vas bientôt prendre le coup de main !

_____Tout en débitant son petit speech, Eric se matérialisa à mes côtés. Sa tignasse aussi noire qu'une nappe de pétrole masquait, pile au bon angle, la file d'attente qui commençait à s'allonger de l'autre côté du comptoir.

_____- Génial, marmottai-je. Que j'ai hâte !

_____« Après les métaphores... les antiphrases ! » Oh, la petite voix, n'en rajoute pas !

_____Voilà à quoi j'étais réduite. Supporter les commentaires lourds en postillons de Yorkie et ceux, insupportables et incontrôlables, de mon subconscient. Le tout en servant des muffins dans un café miteux ; serveuse pendant les grandes vacances à Forks.

_____Je soupirai.

_____« Arrête de geindre ». Ouais, bon, c'est vrai, la situation aurait pu être pire. Si la chance ne m'avait pas « souri », je me serais retrouvée dans une bagnole de flic, rendue sourde par le bruit des gyrophares. Au moins, aux Vacances Pluvieuses, le seul bruit dérangeant qui me parvenait était le « ching ! » de la caisse.

_____Planté au milieu de Forks, entre l'unique boutique de fringues et le magasin de pêche, le café était immanquable. Toutes ces pauvres ados en manque de vêtements s'y retrouvaient, de même que les vieux loubards entre deux parties de chasse au poisson.

_____Il fallait tout de même avouer que l'enseigne lumineuse - en forme de tasse, je tenais à préciser -, qui jurait furieusement avec la couche nuageuse, y était pour beaucoup.

_____Eric me tendit un moka triple quelque chose.

_____- Je te remplace au bar. Tiens, va donner ça au mec des affiches.

_____Je plaquai un sourire crispé sur mon visage et me dirigeai vers le type en question.

_____- Je vous souhaite une bonne journée, monsieur ! modulai-je.

_____Je posai le triple machin sur le guéridon. Le client renifla la tasse, l'inspecta comme s'il avait eu un poisson mort sous le nez. Okay...

_____- C'est pas comme ça que je le veux. Je l'ai demandé frappé, aboya-t-il. Et je le veux frappé. Soit vous faites votre boulot, soit vous dégagez.

_____C'était moi qui allais le frapper ! « Reste zen » m'exhorta la petite voix. « Le pauvre a peut-être un cancer, sa femme une tuberculose, et son fils une leucémie. Huuum, tout compte fait, ça fait un peu beaucoup. Juste le cancer, alors. Et puis tu me diras, vu comment il pue la clope... Alors sois gentille avec ce pauvre gars, hein, Bella ? »

_____- Voilà, monsieur, claironna Yorkie en apparaissant derrière moi, une autre tasse à la main - en tout point semblable à la première. Excusez la demoiselle, elle est nouvelle.

_____Il me gratifia d'une tape sur le sommet du crâne. L'autre se contenta de grognasser. Les dents serrées, je m'éclipsai rapidement, attrapai mon patron par le col de sa chemise et le soulevai de terre, bien qu'il me dépasse d'une demi tête.

_____- Pourquoi tu rejettes la faute sur moi ?! C'est toi qui m'as filé la commande ! T'es le chef ; assume ! Accuse pas « la demoiselle » !

_____Eric désigna de la tête un type à l'air loufoque qui gribouillait sur une feuille de papier, des posters à ses pieds.

_____- Pas l'homme au costard ! L'homme aux affiches, soupira-t-il, m'expédiant son haleine putride.
_____- ...
_____- T'inquiète, t'inquiète ! Tu vas t'habituer !
_____- Je démissionne.
_____- Ton premier jour ?! Et ton père ?

_____Je lui jetai un regard assassin.

_____- Premier, dernier, c'est du pareil au même. T'avise pas de prévenir le chef Swan à ma place.

_____Maudissant Charlie de tous les noms, j'arrachai les liens de mon tablier maculé de taches, au slogan prometteur : SERVEUR A FORKS, METIER D'AVENIR. Au diable l'argent, mon géniteur, mes vacances. Je fourrai l'infâme uniforme dans les mains d'un Eric dubitatif.

_____Je virevoltai déjà vers le comptoir, histoire de récupérer mes affaires, lorsqu'un chuchotement - très peu discret - résonna.

_____- Attends ! Tu vois ce que je vois ! C'est les Cullen ! Aaaaahhhh !!
_____- Les Culleeeennn ? Naaaaaaan pas possiiiible !
_____- Siiii !!

_____Le tout paré d'un applaudissement de Yorkie.

_____- Ouh là..., murmurai-je.

_____Cullen. Certainement le nom de famille le plus connu de tout Forks High School. J'avais beau fraîchement débarquer d'Arizona, je connaissais déjà la réputation de la famille. Nom tant susurré, psalmodié, loué, hurlé. Tant de fantasmes. La majeure partie des élèves leur vouait un culte.

_____Alors que la porte d'entrée n'avait même pas encore claqué, tous les regards convergèrent dans la même direction. Je sursautai, non sans éprouver un picotement agréable dans mes paumes et suivis le mouvement. Je repoussai mes mèches ternes de mon front, et pirouettai vers les nouveaux venus.

_____Les cinq pénétrèrent dans la salle, insensibles au silence majestueux - ou alors ils avaient l'habitude.

_____Des dieux grecs - comme si Michel Ange avait sculpté cinq David. Toutes les bouches s'ouvrirent béant, les yeux s'écarquillèrent, rendant un hommage muet aux ados. « Cinq mannequins envahissent un établissement ringard qui sent la caféine ; trouve l'erreur. Oh. My. God » J'étais bien d'accord avec la petite voix, ce coup-ci.

_____Je les couvai des yeux lorsqu'ils s'assirent à une table du fond. Tous les spectateurs - moi, y compris - béâmes d'émerveillement lorsque l'un deux claqua des doigts. Ils réquisitionnaient un serveur. Ou une serveuse.

_____« Tu pourrais m'expliquer ce que tu fiches encore ici ?! »

_____Girouette dans toute sa splendeur, je tournoyai vers Eric et lui repris le tablier des pattes. Je le nouai d'un mouvement prompt. Une seconde plus tard, j'étais devant leur table, sous le regard stupéfait du patron.

_____Le sourire crispé refit son apparition. Il m'était impossible d'avoir des réactions dites « normales » en leur présence. Les battements de mon c½ur s'accéléraient, mes paumes devenaient moites. C'était impensable que je réussisse à saluer ces icônes de beauté comme si nous étions amis.

_____Je leur offris un regard circulaire, comme faisaient toutes les serveuses - du moins, celles dans les films - mais tachai de ne pas croiser leurs prunelles. Leur même front d'albâtre se plissa lorsqu'ils me virent. « Ils se rappellent de ta tête mais n'arrivent pas à mettre un nom sur la personne ; typique ! »

_____Enfin bon, en même temps, je ne devais pas ressembler à grand-chose avec mon tablier crasseux et ma crinière hirsute.

_____- B-bonjour ! lâchai-je. Bienvenue au café Les Vacances Pluvieuses. Que désirez-vous commander ?

_____Alice, celle dont tout le monde copiait la garde-robe, abattit son poing sur la table. Jasper, son tendre et cher, caressait les cheveux ébouriffés qui lui conféraient l'allure d'un lutin.

_____- Mais si bien sûr ! Tu es Isabella Swan d'Arizona ! C'est TOI qui es arrivée en fin d'année ! Je partageais ton cours de sport ! Je m'en rappelle ! Tu étais celle qui n'arrêtait pas de tomber !
_____- ... Euh, juste Bella.

_____« On l'assomme tout de suite ou on attend qu'elle commande ? » J'étais d'une maladresse exécrable, et nulle en gym de surcroît. Mes prouesses avaient valu plusieurs fous rires à mes condisciples.

_____Je grinçai des dents lorsque Emmett, le géant qui devait avoir des ours parmi ses ancêtres, éclata d'un rire sonore.

_____- Alors c'était toi ?!

_____La grande blonde me lança un coup d'½il méfiant. Emmett se contenta de resserrer sa prise sur les hanches de sa petite amie. Rosalie Hale. Blonde aux yeux bleus, jambes interminables, mannequin quand elle le voulait. Elle eut un petit sourire satisfait avant de rejeter son opulente chevelure en arrière.

_____- Tu es serveuse ici ? enchaîna Alice, ses yeux pétillant de malice.

_____Jasper secoua pesamment la tête pour dégager une mèche blonde tombée devant son visage. Il dégageait un charisme auquel personne n'était insensible.

_____« Autant pousser le mélodrame. Joue la pauvre fille défavorisée qui a besoin d'argent pour se payer un loyer. Sors que tes parents te persécutent ! Invente ! »

_____- Hélas, me contentai-je de répondre d'un ton lugubre.

_____Le rire étouffé du mec le plus désirable de la tablée me parvint. Mes iris croisèrent deux pupilles d'un émeraude troublant. Accoudé contre la fenêtre, ses cheveux de bronze dissimulant son front diaphane, Edward me fixa.

_____« Wouah.»

_____- Ça a l'air de te plaire, en tout cas, railla-t-il.

_____Mon c½ur se serra à la vue de son sourire en coin. Eh oui, pauvre Bella. Pauvre petite adolescente. Petite idiote tombée amoureuse de l'Adonis le plus inaccessible qui soit. J'étais malheureusement victime de son attraction depuis le jour où il m'avait souhaité « Bienvenue à Forks ». Le premier, quoi.

_____Mais Edward Cullen, en plus d'être une bombe sexuelle, était aussi le mec le plus populaire de la ville. Il était déjà sorti avec quasiment toutes les filles du lycée - plus quelques adultes. Il était moqueur, « je-m'en-foutiste », mais lorsqu'on était pris dans l'abyme de ses prunelles, impossible d'en sortir. On y plongeait, on y restait.

_____- N-non, en effet, balbutiai-je en me sentant rougir.

_____Son sourire de tombeur s'agrandit encore plus. Il savait assurément que je craquais sur lui - c'était indéniable. Le regard d'Alice fit la navette entre nous deux, avant que ses lèvres ne dévoilent ses dents.

_____- Eh, là ! Tu pourrais nous servir ? m'interpella Rosalie.
_____- ... Oh ! Euuh, si bien sûr ! Excusez-moi ! Donc ; que désirez-vous boire ?
_____- Un bon vieux café, décida Emmett. Bien serré.
_____- Un moka pour moi, annonça la grande blonde avec dédain. Les cernes ne sont pas bons pour mon teint.
_____- Un déca, intervint Alice. Et toi, mon chéri ?

_____Jasper secoua le menton.

_____- Rien pour moi, merci.
_____- Et un expresso, termina Edward en hochant la tête.

_____« Café serré, moka, déca, expresso... Répète ! C'est le coup à surtout pas oublier ! »

_____Réitérant la commande dans mon esprit, je fis demi-tour et rejoignis Eric. Tandis que j'apercevais l'air goguenard de mon patron, le sublime ténor d'Edward retentit une nouvelle fois.

_____- Eh, Bella ! me héla-t-il.
_____- Quoi ? pivotai-je, provoquant les regards incendiaires de toutes les filles de salle.

_____Il sourit de toutes ses dents. Je sentis mes joues se colorer. Il le faisait exprès ou quoi ? « Cherche pas ! Il a tellement pris l'habitude d'allumer les gens qu'il le fait sans réfléchir ! »

_____- Tu nous rajoutes des muffins avec les cafés ?

_____Et d'un coup, j'adorai les muffins. J'adorai les cafés. J'adorai cette journée pluvieuse. Et surtout, j'adorai les ados aux cheveux bronze, beaux comme des dieux, qui adoraient les muffins et les cafés. Edward Cullen m'avait souri. A moi et à pas toutes les groupies de la pièce.

_____« Wouah. Tu l'as dit. »


# Posté le vendredi 15 mai 2009 16:34

Modifié le mercredi 22 juillet 2009 14:07

.Deux..

.[/c=#111111]Deux..
Chapitre Deux

_____Les caquètements allaient bon train lorsque je fis demi tour. Même le mec loufoque à l'air frappé de tout à l'heure se dévissa le cou pour lorgner le dieu Cullen. Deux préados gloussèrent comme des poules face à la moue de l'Apollon.

_____Un sourire triomphal étira mes lèvres alors que je traversais la salle. La tête haute, les épaules carrées, je me sentais comme une privilégiée.

_____« Nanananère ! C'est à nous qu'il a souri ! C'est nous qu'avons attiré son attention ! Eh NAH ! » pépia la petite voix.

_____Mon subconscient était un vrai gosse.

_____« Peut-être que ton subconscient est un vrai gosse, mais ton subconscient est ton moi intérieur ! Eh NAH ! »

_____C'est là en général que l'on regrette d'avoir une conscience. Je me tapai la tête de la main - comme si ça pouvait faire déguerpir la petite voix ! Mais j'avais bon espoir.

_____« Cause toujours... »

_____Je me fichais comme d'une guigne des mains levées, des clients pressés qui réclamaient l'addition. Aussi négligeais-je le mec aux affiches de tout à l'heure qui beuglait, et je me dirigeai vers Yorkie.

_____« Toujours en train de baver sur le comptoir, celui-là » ricanai-je.

_____Mais bon, étant donné qu'il était mon patron, que j'avais décidé d'obéir gentiment à Charlie, et que surtout j'avais pitié de ce boutonneux, je fis disparaître mon air vainqueur et éclatant. J'affichai un masque de totale indifférence lorsque je me plantai face à Eric.

_____« Indifférence, mon ½il ! Suffit qu'on rajoute « Edward » dans une phrase pour que ton sourire béat réapparaisse ! Stupides hormones d'ado ! »

_____- Alors, Eric ? demandai-je nonchalamment, ignorant mon subconscient.
_____- Alors, Bella ? répliqua-t-il, bouillonnant - d'impatience ? - et de curiosité.

_____De toute évidence, il avait trop traîné avec Jessica Stanley.

_____« Ces ados, j'vous jure ! »

_____Je parcourus le bar du regard, arquai un sourcil, souris à demi.

_____- Ça fait trois fois que tu rinces le même verre, patron, sifflai-je, insistant sur le dernier mot.
_____- Cullen, hein ? fit-il. C'est pour ça que tes joues sont toutes rouges, je suppose.
_____- Occupe-toi de ton comptoir, grinçai-je pour toute réponse.
_____- Hum. À propos, qu'ont-ils commandé ?
_____- ...

_____Ma bouche s'ouvrit, puis se referma stupidement, alors que j'avalai une grande goulée d'air.

_____...

_____Et là, trou. Gros trou. Puits noir et sans fond. Énorme blanc. Je battis des paupières.

_____« Arrête le mélodrame, veux-tu ? »

_____Euuuuh... Tout se fit flou. Mes oreilles bourdonnèrent. J'étais censée dire quoi déjà ? Un grand frisson parcourut tragiquement mon échine.

_____« Ugh ? »

_____Problème de mémoire.

_____« T'AS OUBLIE LA COMMANDE DES CULLEN ??? THE COMMANDE ?? THE CULLEN ?? » rugit la petite voix comme s'il s'agissait du pire sacrilège possible.

_____Mais naaaan ! Enfin... Pas totalement. Je savais que je devais rajouter des muffins avec les cafés.

_____- Euuuh... Ils ont commandé des cafés ! annonçai-je, triomphante.

_____« Bella, tu assures totalement. Respect. »

_____Eric me jaugea comme si j'étais folle.

_____- On EST dans un café, Bella. Et tu sais quoi ? En principe, dans un café, les gens commandent des cafés, et nous on leur sert des cafés. ... Tu as déjà lu la carte ?
_____- Ah ! Euh, oui... ! Bien sûr, suis-je bête !

_____Tout compte fait, j'étais peut-être vraiment folle.

_____« Parce que tu en doutais ? »

_____- ALORS ? s'impatienta Yorkie.

_____Pauvre de moi. Bon. Je tâchai de connecter les deux neurones qui me restaient, et me mis à penser fort. Très fort.

_____... Sauf que je ne songeais qu'aux yeux hypnotisant d'Edward Cullen.

_____- Hmm...

_____Il fallait que je me concentre - je devais me concentrer. Il en allait de la fierté des Swan. Quelle tête aurais-je si je devais me présenter une nouvelle fois à leur table et leur redemander ce qu'ils désiraient ? J'étais certaine de m'attirer les foudres de Rosalie Hale, les rires d'Emmett, les pépiements d'Alice, l'indifférence de Jasper. Et surtout la honte d'avoir déçu le mec sur qui je flashais.

_____Alors... Nespresso ? Déca ? Moka ?

_____« What else ? »

_____- Si, ça y est ! Je m'en rappelle ! décrétai-je.
_____- Vraiment ? s'enquirent mon patron et mon subconscient en même temps.
_____- Hum. Edward voulait que l'on leur rajoute des muffins... Jasper ne voulait rien... Euuuh...
_____- Bella, soupira Eric.
_____- AH OUI ! Un moka pour Alice, un déca pour Rosalie, un expresso pour Emmett, et un café serré pour mon Ed... Pour Edward, me repris-je aussitôt.
_____- Sûre ?
_____- En fait, nan. Je ne sais plus si c'était pour Alice le déca ou pour Rose... Et l'expresso ? Arrggg, je vais pas y arriver, gémis-je.

_____Je me pris la tête entre les mains et m'affalai contre le bar. Le monde semblait devenir noir autour de moi.

_____« Quelle défaitiste... »

_____- Bon, on fait aller ! C'est pas grave si l'on se trompe, c'est toi qui sera enguirlandée de toute façon ! s'exclama mon patron.
_____- ... Pardon ? Tu veux que ce soit moi sur qui pèse l'épée de Damoclès ?
_____- Je ne comptais pas autant dramatiser les choses..., mais tu as vu juste ! C'est toi sur qui pèse l'épée de Damoclès ! théâtralisa-t-il.
_____- Je veux mouriiiiir, couinai-je.
_____- Bon, va t'occuper des autres clients, je fais la commande.

_____« Quel lâcheur. Vous faites une belle paire tous les deux. »

_____Pendant qu'Eric s'affairait auprès de la commande-qui-n'était-sûrement-pas-la-bonne, je m'occupai des clients agressifs / complètement frappés. Je me résolus que demain - si j'étais encore vivante, s'entend - j'apporterai un bloc-notes avec moi pour noter les désirs et volontés. J'en avais marre d'oublier.

_____Mais après avoir subi l'humiliation du siècle, je ne me croyais pas capable de m'afficher en public. Je vivrai sûrement recluse au poste de police, comme Charlie l'avait exigé, jusqu'à la fin de mes tristes jours.

_____Finalement, mon géniteur avait peut-être eu raison. Les vacances, je cite selon lui « amollissaient l'esprit des jeunes ».

_____Il avait menacé de me ficher à la porte si je ne trouvais pas un boulot pour l'été. Ça m'éviterait - selon lui - de passer mes journées affalée contre le canapé devant l'écran plat, me lamentant sur mon triste sort, mon horrible destinée qui me condamnait à demeurer à Forks durant tout l'été.

_____Renée, ma mère, avait décidé de partir en vacances avec Phil, son mari flambant neuf de dix ans son cadet, en Floride plutôt que de rester en Arizona pour accueillir sa pauvre fille ado. Cette dernière, juste pour préciser, ne demandait que l'asile et un peu de soleil.

_____J'avais vécu la fin de mon année de Première à Forks High School, et je croyais avoir fait le plein de pluie pour le reste de mon existence. Pas de chance, j'allais devoir attendre Thanksgiving - au moins - avant de pouvoir retrouver mon Arizona chérie.

_____« Argh ! Que maudit soit le jour où tu as décidé de t'exiler à Forks pour laisser de l'air à ta mère avec son nouveau mari ! Que maudite soit ton idée - fabuleuse, a trouvé Renée - de retrouver ton père pendant que ta génitrice s'éclatait à Phoenix ! »

_____J'étais entièrement d'accord avec la petite voix. J'avais vraiment été cinglée de débarquer chez mon père bourru. Et flic, de surcroît ! La dévotion tuait le cerveau.

_____- Bella ! La commande de la six ! égrena Yorkie.
_____- Tu veux simplement pas dire où elle est, ta table ? m'agaçai-je.

_____Retenir le numéro des tables le premier jour n'était malheureusement pas compris dans mes capacités intellectuelles.

_____- La table du fond..., précisa-t-il.
_____- Mais encore ? le coupai-je.
_____- La commande des Cullen, ça te va, Swan ?!
_____- ...

_____« L'heure où tout le monde meurt. Let's Go, Bell's ! »

_____Le visage encore plus inexpressif qu'il y a cinq minutes, je rejoignis mon patron. Il me tendit le plateau avec un sourire... machiavélique ?! Il avait vraiment comploté avec Lauren Mallory avant de venir ou quoi ?

_____Il ne manquait plus qu'une musique d'enterrement pour que mon calvaire soit complet. J'empoignai les cafés et, sous les regard impatients, gravis la dizaine de mètres qui me séparait d'eux.

_____Une dizaine de mètres. Une éternité. Une longue éternité, une longue marche de souffrance.

_____« Cinq pas, en gros. »

_____Mon subconscient était-il obligé de casser tout mon trip à chaque fois ? Respirant un grand coup, je forçai un regard en direction... de mes clients. Et alors j'ouvrai grand la bouche. Quitte à gober les mouches. Car ils me fixaient tous de leurs regards inquisiteurs, leurs airs vaguement intéressés pour certains, diablement sexy pour d'autres - pour un seul autre.

_____Sérieusement ; je ne croyais pas aux auras, mais les Cullen dégageaient vraiment un truc. C'était indéniable. Leur famille était une vraie troupe de mannequins.

_____D'accord, ils n'étaient pas vraiment frères et s½urs. Un aveugle le remarquerait.

_____« Hum ».

_____Bon, d'accord. Peut-être pas un aveugle. Un malvoyant l'aurait compris au premier regard. Tout comme moi, le premier jour, si on excepte que mes yeux ont toujours 10/10 au test d'ophtalmo. Ça, ajouté aux potins de mes voisines de tables, m'avait fait regretté de ne pas avoir été adoptée par cette famille.

_____Malgré leur incroyable beauté - le docteur Cullen devait avoir des activités de chirurgie esthétique durant ses heures libres - et leur teint pâle, ils ne se ressemblaient pas tant que ça. L'une avait les yeux couleur océan, l'autre charbon ; certains étaient blonds tandis que d'autres étaient bruns - l'un avait même un colorage entre les deux, une sorte de roux... envoûtant.

_____Sur ma peau d'Albinos, le soleil de Forks me conférait des allures de robinet ; mais eux, ils étaient simplement parfaits.

_____« Eh ! C'est pas simple d'être parfait ! ... Bon, on peut pas en revenir au sujet initial ? » grommela la petite voix.

_____Seuls Rosalie et Jasper étaient jumeaux. Adoptés les premiers - dès la naissance, d'après les commérages. Suivirent Alice et Emmett, étrangement frère et s½ur. Edward était le dernier arrivé - le dernier joujou de Forks - et ses pupilles d'émeraude avaient tout de suite attisé les regards féminins.

_____- C'est un vrai tombeur, avait caqueté Jessica Stanley.

_____J'avais sifflé ma limonade tout en hochant mollement la tête. Lauren Mallory, entre deux couches de glosh, avait esquissé un sourire à la Rosalie Hale. Ses lèvres m'avaient fait l'effet d'un gros bouton visqueux collé au visage. « Repoussantes, en bref. »

_____Je secouai vivement la tête, repoussai la vision d'épouvante de la bouche de Mallory et me concentrai sur Edward.

_____« Hum. Ça, c'est une idée à te faire renverser tout le plateau. Ou à te faire trébucher. C'est à toi de voir, Bell's. »

_____Et là, fichue petite voix. Fichu subconscient. Sa remarque donna une idée à mes pieds qui, allez savoir pourquoi, décidèrent soudainement de trébucher l'un contre l'autre. Avant que je ne comprenne quoi que ce soit, je me sentis basculer en avant et rencontrer le sol froid et inconfortable.

_____Il y eut un grand fracas de verre, de cafés serrés et de mokas. Un grand bruit qui se termina lorsque le plateau entra en collision avec mon crâne.

_____« Aïeuuuh ! Serveur, c'est décidément un métier dangereux. »

_____Puis ce fut le silence. Un grand calme, un gros blanc. Je me rendis compte que j'avais fermé les paupières uniquement quand je les rouvris. C'était silencieux - trop silencieux. Le calme avant la tempête.

_____S'ensuivit alors une longue plainte, une grand gémissement qui ne pouvait provenir que d'Eric Yorkie. Mon pauvre patron qui m'avait comme assistante et serveuse. Mon pauvre employeur qui devait subir mes maladresses. Mon pauvre...

_____« Arrête le drama. » m'interrompit mon moi intérieur.

_____- Isabella Swaaaaaaan ! Mes cafés ! Mon plateau ! Naaaaannn !
_____- Bella ? s'enquit la voix - ô proche ! - d'Edward.

_____J'étais mal. Très mal.


Pourriez-vous aller noter ma fiction sur ce répertoire, ainsi qu'y donner une petite critique ? EcriturePartagee Merci d'avance =D

# Posté le mercredi 22 juillet 2009 07:58

Modifié le dimanche 23 août 2009 05:28